Convertir en ventes l’attrait des consommateurs envers les véhicules électriques et autonomes

Une écrasante majorité des automobiles sur la route fonctionne encore aux énergies fossiles. Malgré l’arrivée récente des automobiles hybrides et électriques, les principales villes du monde sont encore tourmentées par le bruit et la pollution. Le monde ne semble pas encore prêt à abandonner les moteurs à combustion.

Peut-on faire confiance à “l’opinion publique”?
Dans un sondage portant sur les intentions d’achat de véhicules léger réalisé en 2017 par Desrosiers, 41,3% des répondants ont indiqué qu’ils considéreraient se procurer un véhicule électrique. Cette proportion a même crû en 2018, passant à 43,4%.
Une étude réalisée par Keystone en 2018 révélait que plus de 30% des Canadiens âgés de 25 à 39 ans croyaient que tous les véhicules seraient éco-responsables d’ici 5 à 10 ans.
Pourtant, les ventes de véhicules électriques enfichables représentaient toujours moins de 1% des ventes de véhicules neufs au Canada.

Et que dire de véhicules autonomes (sans conducteur)? Bien que le taux de confiance envers la sécurité des véhicules autonomes ait régressé de 50,5 à 47% entre 2017 et 2018, il demeure très élevé.
Alors, où est la ligne de consommateurs qui viennent porter leur dépôt pour un véhicule autonome ou électrique?
La vérité est que les acheteurs ont peut-être les yeux plus grands que la panse. En général ils sont en faveur (parfois avec passion) du concept des véhicules électriques et autonomes.
Mais en attendant l’adoption à grande échelle de ces nouvelles technologies (et la baisse de leur prix), la plupart des consommateurs préfèrent rester en touche.
La demande doit prendre de la vitesse
Quand on discute de “l’adoption de masse” de produits technologiques, on se réfère habituellement à la Courbe de Rogers.

• Les premiers utilisateurs sont appelés les Innovateurs. Ce sont souvent des gens fortunés et à l’idéologie libérale.
• Le segment suivant de la courbe concerne les Premiers adopteurs. Ils représentent environ 13,5% de la population. Ces consommateurs reconnaissent rapidement les avantages du produit, avant même qu’il ait “fait ses preuves” auprès d’une population encore majoritairement sceptique.
• La Majorité en avance constitue le prochain bloc d’utilisateurs. Il se compose en général de technophiles qui n’hésitent pas à “sauter dans le train” une fois qu’il s’est véritablement mis en marche.
• Vient ensuite la Majorité en retard, qui se laisse convaincre (ils ne sont pas nécessairement contre) seulement après que la majorité de la population ait adopté la nouvelle technologie. Ils sont d’habitude initialement sceptiques envers la technologie en général, ou peut-être n’ont-ils pas les moyens de se la procurer. Cette catégorie regroupe un autre bloc de 34% de la population.
• Finalement arrivent les Retardataires. Ce dernier bastion de 16% tend à s’accrocher aux traditions parce que “c’est toujours ça qu’ils ont connu”.

C’était donc la théorie, mais en pratique, il est possible de simplifier ce modèle: on peut considérer qu’une technologie a été adoptée par la masse quand la Majorité en avance commence à monter à bord du proverbial train. En d’autres mots, une technologie doit atteindre un taux d’adoption d’environ 16% dans la population pour avoir un chance de dominer le marché.
Quel est le principal avantage de la courbe de Rogers? Elle a elle-même fait si souvent ses preuves, qu’elle est devenue un indicateur fiable en matière de prédiction du taux d’adoption d’une innovation.

Prenons l’exemple des téléphones intelligents. En décembre 2005, seulement 2% des Américains en possédaient un. En décembre 2009, la Majorité en avance était à bord, alors que 17% des gens possédaient un BlackBerry, un iPhone ou un Android préhistorique. Depuis ce temps, le taux d’utilisation de cette technologie a plus que quintuplé, avec un taux d’adoption ayant précisément suivi cette courbe.

Revenons à notre propre technologie: la Courbe de Rogers explique précisément pourquoi l’intérêt envers les véhicules électriques et autonomes ne se traduit pas en adoption.

Signification pour la courbe d’innovation automobile
Comme les ventes de véhicules neufs électriques et autonomes ne constituent toujours qu’un seul pour cent des ventes, on peut croire que le d’adoption de masse de cette technologie reste loin à l’horizon, puisqu’elle semble confinée aux Innovateurs pour le moment.

On peut se consoler en se rappelant que près de la moitié des Canadiens se disent ouverts à adopter ces nouvelles technologies, sur un horizon encore indéfini. Peut-être les prix sont-ils encore trop élevés, la sélection de modèles est-elle trop mince, la technologie non éprouvée? Quoi qu’il en soit, la plupart des Canadiens n’achèteront pas de sitôt des véhicules électriques ou autonomes.

Toutefois, si le taux d’adoption de ces nouvelles technologies se relevait et suivait la courbe de Rogers, il faudrait peu de temps pour reléguer le rugissement des moteurs à combustion au statut de doux souvenir. Les Premier adopteurs pourraient bientôt se laisse convaincre, ce qui placerait les ventes de véhicules électriques et autonomes sur une trajectoire météorique et prévisible.

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