Projection: l’avenir de l’automobile sera électrique

Selon le philosophe grec Héraclite, « une seule chose est constante, permanente. C’est le changement ». Ces mots datent peut-être d’il y a plus de 2500 ans, mais ils demeurent encore aujourd’hui parfaitement d’actualité. S’il y a un secteur qui peut se définir par le changement, c’est bien celui de l’automobile, mais ceux qui se profilent à l’horizon n’ont jamais été aussi importants.

L’un des principaux moteurs de ce changement rapide est la technologie, et lorsqu’on considère le rythme des évolutions technologiques, on peut affirmer sans trop se tromper que la vente au détail automobile présentera un visage complètement différent en 2025.

Bousculer les traditions
On pourrait commencer par la croissance et l’évolution continue des véhicules électriques. Compte tenu du besoin d’offrir une alternative aux combustibles fossiles, dans le cadre de la lutte mondiale contre les changements climatiques, les constructeurs automobiles investissent lourdement dans l’électrique. Mais les véhicules électriques ne détiennent actuellement que 1% des parts de marché et de nombreux concessionnaires peinent à former leur personnel des ventes et mécaniciens, sans oublier la relative faiblesse de l’infrastructure de recharge. La solution à ce problème, qui donne peut-être un aperçu de l’avenir de la vente au détail automobile, se trouve peut-être dans un nouveau concept lancé à Toronto en 2017.

Le EV Discovery Centre est une installation unique au monde exploitée par Plug’n’Drive, une société à but non lucratif qui vise à accélérer l’adoption des véhicules électriques. Ce centre de découverte offre aux clients intéressés par la technologie de batterie électrique l’opportunité de découvrir les véhicules électriques et hybrides et d’essayer les véhicules des différents constructeurs qui y présentent leurs modèles. Les clients souhaitant acheter un véhicule électrique ou hybride sont ensuite orientés vers les vendeurs des concessionnaires autorisés à vendre le modèle correspondant. Ce centre d’informations multimarque pourrait bien être adopté pour d’autres segments, comme les camions, les automobiles sportives ou toute autre combinaison que le marché pourrait imaginer dans son évolution.

La croissance et la mise en place de la technologie poussent certains constructeurs à considérer l’abandon du modèle traditionnel des concessions physiques.

Salles de montre ou planchers de ventes
L’un des exemples les plus marquants est bien entendu Tesla Motors, qui a ignoré le modèle de concession traditionnel pour privilégier une approche hybride de présence physique et en ligne. Au lieu des concessions, Tesla a construit des galeries dans des centres commerciaux et autres lieux très fréquentés, ce qui permet aux visiteurs de découvrir les modèles, de se renseigner et de réserver un essai routier. Mais impossible d’en acheter un sur place. L’achat peut uniquement se faire en ligne, sans intermédiaire. Avec un prix fixe et un processus de vente simplifiée, l’expérience est appréciée par les acheteurs et leur véhicule leur est même livré directement chez eux.

Cette approche est aussi celle adoptée par Hyundai avec sa nouvelle marque haut de gamme, Genesis. Pour limiter le risque financier lié au développement d’un réseau physique de concessions, Genesis a créé ce qu’ils appellent une approche de type « service de conciergerie » dont le principal interface est leur site web. Tout commence en ligne, de la découverte des véhicules à la réservation d’un essai routier, en passant des prix fixes. Peu après le lancement de la marque, Genesis a rapidement constaté que certains acheteurs potentiels nourrissaient encore le désir de visiter un espace physique. Ils ont par conséquent ouvert un nombre limité de boutiques de vente selon un concept similaire à celui de Tesla.

Si le service de conciergerie de Genesis est innovant, l’aspect financement demeure très traditionnel. Ils offrent les trois options classiques d’achat: paiement comptant, le financement et la location longue durée. Toutefois, lorsque nous nous projetons vers l’avenir, même le financement automobile est appelé à être chambardé.

Un nouveau modèle de propriété automobile
L’un des meilleurs exemples est le récent lancement de l’abonnement automobile proposé au Canada par Volvo, sous le nom de « CARE by Volvo ». D’autres constructeurs, comme Cadillac, BMW et Porsche, offrent leurs propres services d’abonnement, mais ceux-ci sont conçus pour répondre aux besoins de clients qui veulent changer fréquemment de véhicule parmi la gamme de modèles proposés par le constructeur. Volvo offre à ses clients une nouvelle approche simplifiée, qui peut se réaliser en quelques touches sur son téléphone mobile et en 10 minutes à peine.

Plusieurs services sont inclus dans une offre à prix fixe, partout au pays, comme l’installation et l’entreposage de pneus d’hiver, assistance routière 24h/24, l’entretien régulier et un service de concierge qui accompagne les abonnés à toutes les étapes des divers processus, comme la livraison personnalisée chez un concessionnaire Volvo local. Les abonnements ont une durée de 2 ans maximum, avec possibilité de monter en gamme après 12 mois. Il n’y a pas de contrat longue durée ni la possibilité d’acheter son véhicule à la fin du contrat, comme c’est habituellement le cas dans les locations longue durée. Ce programme est présentement offert pour certains modèles uniquement, mais l’objectif de Volvo est de le proposer sur toute sa gamme.

Depuis les premiers jours de l’automobile, le changement a toujours fait partie de l’industrie. À la fin du XIXe siècle, de nombreux achats d’automobile se faisaient par achat direct auprès du constructeur ou en commande par la poste. Avec l’explosion de la demande au milieu du XXe siècle, les concessionnaires ont dû s’adapter pour offrir une plus grande transparence, notamment avec l’apparition des étiquettes de vitre, la fiche d’information devenue courante que l’on trouve sur la fenêtre latérale de tous les nouveaux véhicules. Et avec l’arrivée d’Internet dans les années 1990, les constructeurs et les concessionnaires ont été forcés d’entrer dans l’ère numérique, ce qui a modifié leur perspective de la promotion et de la mise en marché.

L’historien Arthur Schlesinger a déclaré un jour que « la science et la technologie révolutionnent nos vies, mais la mémoire, la tradition et le mythe conditionnent notre réponse ». Alors que le secteur automobile est aux prises avec les réalités d’un paysage en rapide évolution, il reste à savoir si la nostalgie et la familiarité vont gêner son potentiel de croissance ou simplement servir de cadre à une nouvelle façon de vendre.

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